#32 L’art d’entrer

© Cécile Benoist Entrée sauvage Toulouse, 2013

© Cécile Benoist
Entrée sauvage
Toulouse, 2013

Il faut être une anguille pour pénétrer entre les lattes du monde. Se tortiller, glisser, se contorsionner, forcer. Le passage est étroit, on t’avait prévenu. Mais enfin, à ce point…

Cherche la faille, la petite ouverture, et faufile-toi. Doucement, silencieusement, sans faire de bruit, j’insiste. La discrétion comme méthode, comme mode de vie. Personne ne doit te voir, t’entendre, te soupçonner. Modèle-toi juste le temps de passer, serre les fesses, et après, reprends ta forme initiale, grandis, grossis et sois toi, pour éclater enfin à la face du monde.

Tu peux aussi passer ta main dans l’ouverture, agrandir la brèche. Délicatement d’abord, puis forcer un peu, voire t’énerver et tout casser. Envoyer valser toutes ces lattes qui te bloquent le passage pour aller là. Car tu sais qu’il y a, derrière, ton chez-toi, ton ailleurs, le lieu vers lequel tu tends depuis toujours.

Autre option, fais le tour. Certaines portes d’entrée sont juste derrière. Il faut prendre le temps de contourner, de chercher, d’explorer. Toque trois fois, et on t’ouvrira. Peut-être.

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