Imaginateur #28

T’imagines pas la peur qui l’empoigne chaque soir, les bousculades que son corps et son esprit ignorent, les cris sur l’enfant, les injures, les mots et les gestes vulgaires, la grenouille plongée dans l’eau tiède ne sent pas venir les bouillons qui vont l’anéantir, et le silence qui suit le sursaut, l’hébétude de la famille, parce que chez ces gens, on tait les douleurs, on ne fait pas d’esclandre, on parle du temps qu’il fait, alors on demande s’il avait bu, on ne veut pas trancher – ange ou démon –, on veut être objectif, ne tenir compte ni des pleurs ni des peurs, basse affectivité, on s’interroge, quels ont été les gestes, les mots de travers pour qu’il se mette dans cet état-là, parce que c’est mieux pour l’enfant, des parents ensemble, peu importe que le père humilie la mère, hurle casse lance à côté de l’enfant, ce sont leurs affaires, c’est elle qui décide, ici on ne sait pas ce qu’emprise signifie (vraiment ?), après on passe à autre chose, on laisse revenir la routine et l’insignifiance de la vie, on réactive les hypocrisies, l’homme violent au repas familial du dimanche, on fait comme si, tout tombera dans le silence et quiconque osera les mots sera banni, accusé d’exagération, de provocation ou de démence.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s