Sidy

Arrête à tout va, les businessmen magouilleurs, les politiques qui détournent les fonds publics, les patrons pollueurs, les proxénètes, il a même capturé un trafiquant d’armes international et un parrain local. Mais voilà, le juge pinaille sur la forme, il lui reproche sa méthode, apparemment il est interdit d’aménager une prison privée dans une cave.

Allilia

Avance dans la rue opaque, elle pénètre la bulle sombre, il est tard, les éclairages sont faiblards. Elle sent des présences autour d’elle, on murmure, on ricane. Vibrations de pas sur le béton. Coincée entre les immeubles démesurés, elle perçoit des souffles sur sa nuque, la chaleur suffocante de mains qui s’approchent, cliquetis inquiétants. Au déclic métallique évocateur, elle assène un coup de canne blanche vers l’arrière avant de détaler en maudissant sa cécité.

Diomède

Décide de braquer une supérette. Novice en la matière, il entre cagoule en laine sur la tête (il a déjà chaud), haut les mains, et la panique qui s’ensuit. Cris, paralysie générale, regards braqués sur lui. Timide mais déterminé, il rassemble devant lui les cinq clients et le vendeur. Ses otages semblent terrorisés (il y en a même un qui s’est fait pipi dessus). Diomède s’apitoie, mon arme n’est qu’un jouet, rassure-t-il. Mais personne ne le croit. Il ne pouvait quand même pas venir avec des fleurs.

Ozalee

Princesse d’un royaume oublié, commet quelques méfaits – jeu répandu chez les enfants des puissants de la cour. Petits puis gros larcins, escalade dans l’ampleur des actes délictueux qui en deviennent d’autant plus délicieux. S’aventure au-delà des terres de ses père et mère, perd de vue les paysages familiers, s’encanaille – l’adrénaline, l’adrénaline. S’enracine dans l’ailleurs, s’éprend d’un bandit – terriblement banal –, et poursuit son parcours dans des geôles sordides. S’acoquine avec quelques terreurs des lieux, qu’elle entraîne dans une tentative d’évasion – réussie. Passons les détails. Avec ses acolytes, fonde ensuite son propre royaume où les lois, soyons francs, bafouent la morale la plus élémentaire.

Ray

Saccage la réserve de jouets avant de faire un carnage dans l’enclos des rennes, tous crevés faut voir comment. Les lutins ne sont pas épargnés, propulsés aux quatre points cardinaux autour de la maison, fracassés dans leur chute, fatalement. Ray s’approche ensuite lentement du vieillard pétrifié, saisit sa barbe et lui assène des coups de marteau à n’en plus finir. Demain, en venant ouvrir la maison du Père Noël, les employés municipaux trouveront en chemin les tessons de lutins, puis ils ramasseront les lambeaux des rennes de plastique avant d’essayer vainement de rassembler les brisures de la statue du vieillard préféré des enfants. Et puis, ils l’apercevront dans un coin, affalé au sol, ce pauvre type avec la gueule de bois.